Mes lectures de 2025

Je vous avais partagé mes lectures de 2022, 2023 puis 2024. Début 2025, nous avions tacitement convenu d’un défi lecture.

Ci-dessous ma liste par ordre chronologique avec des notes qui ne sont que l’expression de mon goût. Bonne lecture !

1- Mémoires d’Hadrien (1977) de Marguerite Yourcenar : Il n’est pas de plus beaux auspices sous lesquels placés son année que de relire encore et plusieurs fois, le monument littéraire de Marguerite Yourcenar. « Il est des livres qu’on ne doit pas oser avant d’avoir dépassé quarante ans » ; regorgeant de philosophie, d’images, d’amours passés et de rêves qui se meurent à l’approche de la fin, je ne pense pas exagérer en constatant la chance que nous avons de pouvoir lire un tel chef d’oeuvre.

2- Madeleine (2009) d’Amanda Stehrs : Vous le savez depuis les lectures 2024, GDIY est une source intarissable d’inspirations et d’idées. C’est la conversation avec Amanda Stehrs qui m’a donné envie de découvrir sa prose. Roman de gare de qualité, qui nous fait ressentir avec toute l’urgence de la vie, l’impératif de vivre ici et maintenant, pardonner ses démons et d’avancer sur son destin.

3- Dopamine Nation (2024) d’Anna Lembke : Inspirée par la liste de Noël de Jennifer Hart-Smith, j’ai adoré cet ouvrage d’une grande clarté et honnêteté, dérangeant de vérité et conduit d’une main de maître pour vous assoir face à vous même et passez un minutieux examen de conscience de nos addictions et comment nous en détacher. Un ouvrage indispensable dans les temps de surabondance contemporains.

4- L’homme le plus riche de Babylone de George Samuel Clason : Il y a des livres qu’il faut avoir lu une fois dans sa vie, et le plus tôt possible est le mieux. À une ère saturée d’informations plus ou moins contradictoires et d’injonctions aux investissements les plus divers, ce guide de vie basé sur une sagesse millénaire, offre und plongée dans une Babylone éblouissante pour reprendre et acquérir les arcanes d’une gestion financière saine. Un ouvrage important, court et simple.

5- La Vérité sur l’Affaire Harry Québert (2012) de Joël Dicker : Prêté par Mathilde (#46) qui m’a permis de patienter dans les irrégularités de la BVG, j’ai dévoré ce roman policier magistral et terrible, qui vaut bien la réputation qui le précède. Si ce n’est pas forcément mon goût, j’ai trouvé la lecture captivante et j’ai aimé sa construction, entre apprentissages d’auteur en devenir et rebondissements inattendus.

6- Par le bout du nez : une histoire intime des odeurs (2024) de Sarah Bouasse : Immense coup de coeur, cocktail des plus délicats et réjouissants : de l’apprentissage, une plume d’une grande poésie, un livre intelligemment construit et ce qu’il faut d’intime. J’ai aimé cette immersion à la découverte de l’odorat, sens peu connu voire négligé, qui mêle savoirs scientifiques et expériences personnelles. Je lui avais dédié la newsletter de mars 2025.

7- Cueilleur d’essences : Aux sources des parfums du monde (2021) de Dominique Roques : Dans la droite lignée de l’ouvrage précédent, j’ai adoré ce livre passionnant, fourni, sans concession. Si des lectures peuvent susciter des vocations, celle-ci en fait partie. A raison d’un chapitre par essence, l’auteur nous entraîne à la rencontre des producteurs par delà le monde. Avec une capacité extraordinaire d’immersion, nous traversons les distances et les époques pour découvrir des savoirs-faire immémoriaux. Une prouesse spectaculaire qui vaut absolument le détour.

8- Humus (2024) de Gaspard Koenig : Recommandé par Loic Dindinaud (#69) en toute fin d’épisode, j’ai beaucoup aimé ce roman assez fidèle et parfois cruel eu égard à une génération plus jeune qui s’interroge et agit face à la crise écologique. J’ai été particulièrement impressionnée par la précision de l’auteur sur tous les sujets abordés et bien que ce ne soit pas tout à fait mon goût pour son dénouement un peu déprimant, vous serez bien informé à sa sortie.

9- La Très Catastrophique Visite du Zoo (2025) de Joël Dicker : Tout à fait fidèle à son intervention sur GDIY, l’auteur réussite le pari relevé par Gosciny et Uderzo : réunir autour d’un ouvrage les plus grands et les plus petits, avec différents niveaux de lecture tout en conservant l’accessibilité et l’histoire. Je l’ai englouti en une soirée et me suis régalée.

10- Les gens de Bilbao naissent où ils veulent (2022) de Maria Larrea : Recommandé par Barbara Pravi dans une publication sur les réseaux sociaux, qui lui rend l’hommage qu’il mérite, sans pour autant m’avoir autant touché qu’elle. J’ai aimé la finesse de l’écriture qui rejoint le cheminement de l’autrice, des turbulences intérieures au dénouement et apaisement final.

11- Veiller sur elle (2025) de Jean-Baptiste Andrea : Depuis Shibumi de Trevianan (excellente lecture de 2023), je n’avais plus trouvé de roman qui me tienne éveiller la nuit. Une histoire d’amour et d’amitié à l’aube du XXe siècle, qui condense tout ce que j’aime : la vie sans fard, du sacré et des arts dans un décor italien tragique. Sublime.

12- Mesopotamia (2024) d’Olivier Guez : Recommandé par la librairie Voltaire à Berlin, cet ouvrage est une plongée au début du XIXe siècle dans le façonnage par les britanniques, dans les figures de Gertrude Bell et Lawrence d’Arabie, de l’Arabie actuelle. Une lecture dense, fidèle au genre politico-historique, auquel j’associe notamment Alias Caracalla de Daniel Cordier, qui rappelle que le fondement des constructions politiques se trouvent dans les voyages, les rencontres, les palabres, l’écriture et finalement la volonté et force de travail de quelques personnes. Bel hommage exempté de flagornerie qui campe le portrait de deux personnages historiques fascinants. 

13- Fragrancia (2025) de Paul Richardot : Qui rejoint et clôt la trilogie sur l’odorat (cf. les points 6 & 7) et porte cette fois-ci dans un roman une application pratique, commercialisée et sociétale de notre rapport aux souvenirs olfactifs. Brillamment ficelé et qui tient en haleine jusqu’à la dernière page, un policier savoureux.

14- Laisse aller, c’est une valse (2025) de Delphine Plisson : J’ai adoré ces mémoires d’une transition. Avec un humour décapant, beaucoup d’humanité et du panache, Delphine Plisson raconte les bouts de l’aventure entrepreneuriale la conduisant à 40 ans à ouvrir une épicerie fine /restaurant jusqu’aux démêlés suivant sa cession. Un récit touchant et sensible qui donne envie de commencer.

15- J’ai relu avec fascination le tome 1 de la Passe-Miroir, les fiancés de l’hiver (2013). Dans un univers Steampunk où se mêlent des îles aux pouvoirs très spéciaux et caractères particuliers, les rivalités entre Dieux n’ont pas fini de déchirer les familles et les cœurs. Véritable roman initiatique dans un monde créé de toutes pièces, une échappée qui vaut absolument le détour.

16- Un amour de famille (2025) de Jennifer, Margaux et Pascale de Fouchier : Une histoire tragique et banale. De jeunes gens devenus adultes et qui n’ont pas pu su affronter leurs problèmes. Et d’enfants qui paient les pots cassés de leurs défaillances. Trois souvenirs entremêlés et racontés avec une infinie douceur et élégance, la grâce des survivantes. Un récit à six mains débordant d’amour et de justesse pour témoigner, se rappeler et peut être réparer ? Un appel à la réflexion sans détour et pourtant pudique sur ce que signifie d’être et de faire famille.

17- Le Château de mes sœurs – Aux origines de la sororité (2924) de Blanche Leridon : Si la lecture d’un essai qui confine à une réthorique de thèse est un exercice parfois laborieux, il est pourtant tout à fait adapté pour adresser de manière méthodique cet « état de sœur » auquel si peu ont accordé l’attention qu’il mérite. L’autrice aurait pu alléger quelque peu son texte des répétitions méthodologiques (nous avons bien conscience qu’il s’agit d’un sujet nouveau dont les sources littéraires restreintes etc.), j’ai aimé passé une foule d’émotions diverses et contradictoires : nauséeuse quand est adressé le sort réservé aux femmes dans le monde ; jubilatoire aux détails des arcanes de l’empire des Kardashian ; émue des prises de conscience qui ont échelonnées l’ensemble de l’ouvrage. Pour ne plus jamais voir les sœurs de nos mères comme des vieilles tantes et chérir réellement le cadeau d’en avoir une.

 

18- L’Heure des prédateurs (2025) Giuliano Da Empolio : J’avais aimé Le Mage du Kremlin, j’ai trouvé L’heure des prédateurs magistral. D’une part, la construction de l’ouvrage est inhabituelle et brillante ; il est donné à voir les coulisses de règlements de comptes glaçants et une démonstration sans appel de la méthodologie des prédateurs : dans un monde de chaos, règnent ceux qui maîtrisent la sidération. Très technique et d’une impartialité réjouissante, la mécanique des Borgiens y est actualisée et décryptée avec précision. Loin d’être un ouvrage alarmiste, la plume exquise et l’humour de Giuliano De Empolio nous conduit dans une analyse disséquée de la nouvelle page de l’histoire dans laquelle nous sommes entrés.

19- De femme et d’acier (2025) Cécile Chabaud : Réunir la Grande histoire, la médecine et un combat féminin en un même ouvrage est un pari ambitieux. S’il est relevé haut la main dans cette plongée historique et tragique qui nous rappelle le vécu des horreurs se la guerre, il a la grande force de sortir de l’oubli des personnages essentiels à l’avancée de la médecine et sur terrain de guerre. J’aurais souhaité un peu plus de variation de style dans les prises de paroles des différents personnages.

20- L’art de la joie (1976) Goliarda Sapienza : Une histoire de vie, d’une femme de sa naissance à sa mort, à partir de 1900 en Sicile et qui traverse deux guerres et ses réalités. Porteuse de valeurs fortes pour lesquelles elle ne s’incline devant rien, un long roman avec des formulations simples qui résument tout. Une lecture saisissante, transformative et inoubliable, un chef d’oeuvre.

21- Célèbre (2024) Maud Ventura : Jessica Troisfontaine l’avait invitée à disserter dans sa newsletter consacrée aux livres, et je ne me sentais pas encore de lire son best-seller Mon Mari. Dérangeant et superbe, une minutie étude de la célébrité au travers de Cléo, star de la musique, égocentrique et imbue d’elle-même dont on suit la montée et les affres. Une écriture trempée dans l’acide et des phrases qui font mouche, foncez.

22- Tant pis pour le thé (2025) Marion Jocéran : C’est avec émotion que j’ai tenu dans mes mains le premier romain de l’hôte de La Page Sensible dont j’ai suivi la production et la campagne de financement avec attention. Une jolie romance de jeunes adultes, dans un décor captivant et d’une liberté de ton réjouissante, bravo et merci !

23- & 24- Bien sûr que les poissons ont froid (2024) de Fanny Ruwet et Jolis jolis monstres (2020) de Julien Dufresne-Lamy m’ont tous deux été prêtés par Camille (#79) : Le titre du premier n’´était pas aussi bon qu’attendu alors que le second m’a subjugué. D’une plume exquise, Julien Dufresne-Lamy nous conduit dans le New York des années 80 à la rencontre de la scène Drag. Mêlant fiction et réalités, un roman fort, unique et émouvant, immense coup de coeur !

25- La liste de mes envies (2012) de Grégoire Delacourt : Un petit roman à l’intrigue bien ficelée qui fera beaucoup réfléchir sur ce qu’on a déjà, une expérience sur le long cours à determiner ce dont on a réellement envie et une méditation bienvenue sur les liens que l’on créés dans la vie.

26- Ce que je sais de toi (2025) d’Eric Chacour : ma soeur a adoré, je n’y ai pas trouvé beaucoup d’intérêt. L’écriture est très belle, le jeu de perspective réjouissant et l’ambiance du Caire joliment retranscrite mais j’ai eu suffisamment de romans dans cette vie avec des histoires basées sur les préjugés sociétaux et le mensonge. Les retours sont tout de même dithyrambique et l’ouvrage est acclamé par la critique, donc je suis peut être juste passée à côté.

27- Sauvage (2024) de Julia Kerninon : j’avais aimé Liv Maria (lectures de l’année précédente), j’ai adoré Sauvage. Avec la justesse et la force qui caractérise son écriture et ses personnages, Julia Kerninon dresse un nouveau portrait, puissant et sensible d’une femme éprise de liberté, dans un répertoire gastronomique de paysages italiens. D’une lame de couteau elle tranche, dissèque, étale en pleine lumière les hésitations humaines, les liens qui nous unissent et surtout une humanité qui donne énormément d’espoir. Sublime.

28- Vivre avec nos morts (2022) de Delphine Horvilleur. J’ai adoré découvrir Delphine Horvilleur chez GDIY, et rencontrer sa plume dans son ouvrage. J’y ai retrouvé son humour et son intelligence, sa sensibilité et l’amour avec lequel elle célèbre le quotidien et oeuvre à sa destinée. Un ouvrage dont j’ai fait traîner longtemps la lecture tant elle m’a bouleversée, émue et réjouie. Si le sujet de la mort vous rebute, je vous recommande en introduction à tout prix, d’écouter le superbe épisode GDIY avec Clémentine Piazza d’inmemori.

29- On Writing: A Memoir of the Craft (2000) de Stephen King. En mangeant légèrement sur 2026, j’ai adoré lire le maître de l’horreur se confier sur sa pratique de l’écriture. Sans fioriture, avec humour et dans un style incisif, il nous mène dans les rouages et son propre cheminement d’écrivain. 

Bilan de l’année : 

L’année prochaine xx

Et votre lecture préférée de 2025 ?